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Savoir cuisiner pour mieux manger

Savoir cuisiner permet de s’ouvrir à d’autres horizons, d’être plus libre et plus inspiré au quotidien, de se sentir à l’aise dans l’expérience de nouvelles découvertes alimentaires.


Aimer cuisiner, c’est prendre le temps de réfléchir à des menus, à des associations de saveurs et d’aliments, ce qui facilite la conception des repas plus diversifiés et plus variés. Ce constat quotidien est aujourd’hui confirmé par de nombreuses études scientifiques qui confirment l’existence d’une relation entre les compétences culinaires et les choix alimentaires y compris chez les enfants et les adolescents. Le savoir-faire culinaire ayant une influence sur le comportement alimentaire, Il semble que l’amélioration des compétences culinaires soient le point de départ vers l’amélioration des habitudes alimentaires. Se sentir capable de cuisiner ouvre la porte à une sélection plus large de denrées alimentaires et facilite la planification des repas équilibrés. Certaines études montrent que les jeunes adultes qui estiment avoir de très bonnes compétences culinaires cuisinent plus souvent des menus contenant des aliments riches en nutriments tels que les légumes, les fruits, les grains entiers.

Ils sont des petits consommateurs de fast food. Leur alimentation est plus dense en nutriments ce qui contribue à maintenir un poids sain. Plus intéressant, ce lien semble perdurer dans le temps.


Le concept de compétences culinaires évolue avec le temps. Néanmoins, de manière simple, les compétences culinaires relèvent de la capacité à effectuer les tâches liées à la préparation (lavage, épluchage, découpage,) et à la cuisson des aliments. La confiance en soi et les connaissances sont les deux déterminants majeurs nécessaires à l’acquisition et au développement des compétences culinaires individuelles. Les principaux obstacles à l’exercice des compétences culinaires sont la diminution de la transmission de connaissances culinaires entre les générations et dans les écoles et le manque de confiance dans l'exécution des tâches de cuisine qui est elle-même liée à une fréquence faible de la pratique culinaire.


Comme en métropole, il y a bien longtemps que la transmission de connaissances culinaires a disparu du milieu scolaire à La Réunion mis à part dans les filières dédiées. Il s’ensuit que la transmission entre générations reste la seule option pour les jeunes pour apprendre les bases de la cuisine. Dans ce cadre les parents ont un rôle fondamental à jouer. Toutes les études démontrent la place prépondérante des parents et des grands parents dans l’apprentissage culinaire des enfants. Mais les parents sont de moins en moins disposés à assumer cette place. En effet, une proportion non négligeable de parents cuisine de moins en moins, préférant les plats préparés, ceux-là même au profil nutritionnel contestable et dont la consommation devrait être modérée. Ce faisant, ils familiarisent les enfants avec ces aliments, les éloignant des aliments bruts, ingrédients fondamentaux de la cuisine. Devenu jeunes adultes et autonomes, ne possédant les bases de la cuisine, ces derniers n’auront pas d’autre choix que de préférer les plats préparés, reproduisant en l’amplifiant le modèle qui leur a été enseigné, au risque de leur santé nutritionnelle. Et si rien n’est fait, ils transmettront à leur tour ce modèle à leurs enfants.


Si nous voulons que les enfants d’aujourd’hui deviennent des adultes, acteurs de leur consommation alimentaire. Si nous voulons qu’ils soient libres dans leur choix alimentaire et ne dépendent pas uniquement des plats préparés, nous devons leur donner le goût de cuisiner. Dès l’âge de 4 ans, associons nos enfants à l’acquisition, la manipulation et la préparation des aliments. Donnons-leur des tâches à effectuer et adaptées à leur âge lors de la confection des repas (petit déjeuner, déjeuner, goûter et dîner). Apprenons à les féliciter lorsqu’ils réussissent et à les encourager lors ce que ce n’est pas le cas. Cessons de penser qu’ils n’aiment pas la cuisine parce qu’ils n’aiment pas les fruits et légumes.   Rappelons-nous que 97% des enfants sont intéressés par la cuisine (1) et aidons-les à vivre cet intérêt.


Fridor FUNTEU, nutritionniste, Institut Régional d’Education Nutritionnelle, Facebook : irenreunion

Docteur de l’Institut National Agronomique de Paris Grignon

Diplôme d’Etudes Approfondies en Sciences des aliments (Bordeaux 1)

Diplôme d’Université maladies de la nutrition et diététique (Rennes 1)

BTS de diététique (Académie de paris)

Observation sur la transmission


(1) Observatoire sur la transmission culinaire entre génération


A bientôt !

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